En 2023, le Livret A revient sur le devant de la scène. Avec le relèvement de son taux d’intérêt à 3 % au 1er  février, ce livret d’épargne séduit fortement les particuliers. 

Avec 8 Français sur 10 qui déclarent mettre de l’argent de côté, il y a fort à parier que ces conditions les encouragent à économiser des liquidités. 

Pour autant, les Livrets A font-ils partie des solutions les plus performantes pour gagner de l’argent aujourd’hui ? Quels sont les autres formes de placements à mobiliser 

Voici une présentation des alternatives au livret A pour épargner différemment.

Qu’est-ce qu’un Livret A ?

Le Livret A est un grand classique de l’épargne pour gérer ses économies.

Un produit sûr mais bridé

Produit d’épargne distribué uniquement en France, le Livret A revient sur le devant de la scène. Surtout depuis que les taux des livrets réglementés ont été relevés pour suivre l’évolution de l’inflation. 

Cependant, sa rémunération n’est toujours pas réaliste au vu de l’augmentation du coût de la vie. En comparaison avec les autres formules de placement, le Livret A continue à faire perdre du pouvoir d’achat à ses titulaires. 

Distribué uniquement par les banques, ce produit réglementé par l’État est plafonné à 22 950 €. En effet, en tant que personne physique, vous ne pouvez déposer que cette somme maximale. Et vous ne pouvez détenir qu’un seul Livret d’épargne A. 

Des avantages financiers

L’un des avantages de ce support de placement vient de l’absence de frais. Très souple, le compte en Livret A permet de gérer librement vos liquidités à tout moment. Entre l’ouverture du livret d’épargne, les dépôts, les retraits ou la clôture, aucun coût n’est comptabilisé. 

En parallèle, les intérêts générés par votre placement sont dispensés d’impôt sur le revenu. Cette fiscalité attractive est largement mise en avant par les banques, incitant les particuliers à souscrire des contrats de livrets A sans examiner d’autres formules. 

Des limites pour faire progresser son patrimoine

Le Livret A possède les mêmes limites que les autres produits d’épargne réglementés tels que le livret de développement durable et solidaire (LDDS), le livret jeune ou le compte ou plan d’épargne logement. Si vous avez un capital à placer, le plafond est vite atteint. 

Plutôt destiné à recevoir votre épargne de précaution, ce support ne permet pourtant pas de faire fructifier vos économies. C’est pourquoi il est préférable de diversifier votre portefeuille en privilégiant des solutions d’épargne complémentaires, plus lucratives.

Un placement souple : l’assurance vie

L’assurance vie est particulièrement recherchée pour ses performances et sa fiscalité, différentes de celles proposées par une épargne sur un Livret A.

Un placement à moyen et long terme

Produit d’épargne préféré des Français devant le Livret A, l’assurance vie reste au départ une enveloppe fiscale permettant de loger un grand nombre de produits financiers. Cet instrument vous aide à faire fructifier un capital afin d’anticiper un projet important ou de préparer votre retraite. Encore mieux, vous pouvez prévoir la transmission de l’intégralité des fonds à un bénéficiaire de votre choix après votre décès.

Côté rendement, les résultats de l’assurance vie dépendent de sa composition. Car vous pouvez panacher les différentes valeurs entre les fonds euros, qui assurent la stabilité, et les unités de compte. Celles-ci sont investies sur les marchés financiers. De cette façon, vous pouvez ainsi obtenir des gains supérieurs à ceux d’un livret d’épargne réglementé. Plus vous conservez vos fonds, plus les rendements deviennent intéressants puisque vous lissez les frais de gestion sur la durée. 

Une fiscalité variable pour les épargnants et avantageuse pour leurs héritiers

En cours de contrat, il vous est possible de retirer des fonds en cas de nécessité. Seules les plus-values sont imposées, mais plus lourdement qu’un Livret A. La fiscalité varie selon la date de versement des primes du fait de l’instauration du prélèvement forfaitaire unique après le 27/09/2017. La date de retrait entre aussi en compte dans le calcul des impôts avec un allègement fiscal entre 4 et 8 ans et des conditions plus avantageuses au-delà de 8 ans. 

Toujours sur le plan de la fiscalité, l’assurance vie reste le produit phare en matière de transmission de patrimoine. N’entrant pas dans la succession comme un Livret A, sa valeur  sera versée au bénéficiaire désigné sans qu’il ne s’acquitte de frais ni d’impôt. Il s’agit du seul placement proposant un tel avantage.

Des résultats dépendant du niveau de risque attendu

Les résultats sont toutefois proportionnels au risque que vous êtes prêt à accepter. Et le risque de perte existe si votre rendement cible est plus important, contrairement au Livret A. 

Les frais applicables sont aussi à examiner puisqu’ils ont une incidence réelle sur la rentabilité de votre placement. D’ailleurs, un rendement élevé annoncé sur le papier peut être grignoté par le montant des prélèvements réguliers sur votre compte.

Alternatives au Livret A : la SCPI pour tirer profit de l’immobilier

Si vous cherchez à obtenir des rendements supérieurs à un Livret A, partez sur l’investissement immobilier en SCPI.

Les placements immobiliers sans les inconvénients de la gestion physique

Les sociétés civiles de placement dans l’immobilier (SCPI) vous permettent d’investir dans l’immobilier au travers d’une société de gestion. C’est ce que l’on appelle la pierre papier puisqu’un gestionnaire place vos fonds pour votre compte. Vos deniers contribuent à financer généralement des programmes immobiliers d’entreprise (bureaux, entrepôts, etc.) ou, plus rarement, d’habitation. Ces fonds interviennent dans une variété de projets, ce qui dilue le risque de pertes. 

Le montage se pilote selon vos objectifs : envisager un achat ultérieur, générer des revenus complémentaires, préparer votre retraite, etc. En complément des intérêts, la société de gestion peut prévoir le versement de dividendes à fréquence régulière. Ceux-ci correspondent à une partie des loyers encaissés sur les opérations immobilières. En cas de besoin de liquidités en cours de contrat, vous pouvez revendre la totalité ou une partie des parts d’une SCPI. 

Une fiscalité à la carte selon le type de revenus

Plus rémunérateur qu’un livret A réglementé, le placement en pierre papier permet d’obtenir plusieurs sources de profits selon le contrat souscrit.

Avec une SCPI, des dividendes périodiques peuvent être encaissés, correspondant à une quote-part de loyers. Ces gains sont assimilés à des revenus fonciers à déclarer sous le régime du micro-foncier ou au réel.

En complément, vous pouvez percevoir des revenus financiers issus des placements des capitaux si votre contrat le prévoit. Ces intérêts sont taxés sur la base de 30 % au titre de la PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique). 

Enfin, lors de cession de parts de SCPI, vos gains sont soumis aux impôts sur les plus-values. 

Des performances corrélées à la nature des opérations et aux frais

Les rendements moyens sont plus élevés que les performances du Livret A et que l’immobilier physique, de l’ordre de 4,5 % pour les taux de distribution en 2022. Ici aussi, la constitution de votre portefeuille influence les résultats selon votre tolérance au risque. Parmi les critères importants dans le montage du dossier, vous devez particulièrement veiller aux emplacements des biens immobiliers sur lesquels vous investissez ainsi que leur destination. 

Contrairement au Livret A, les SCPI sont soumises à des frais de gestion à l’ouverture, en cours de contrat, et ce jusqu’à la clôture. Ces tarifications, plus ou moins importantes selon l’opérateur financier choisi, affectent vos bénéfices et donc la rentabilité de votre placement.

Des placements alternatifs hybrides : les produits structurés

Parmi les autres formes de placement, les produits structurés figurent aussi sur la palette des solutions d’investissement.

Des produits structurés permettant de diversifier ses investissements

Un produit structuré est un instrument spéculatif destiné à investir indirectement sur des valeurs financières non cotées. Il vous permet de vous positionner sur plusieurs actifs au sein d’un seul et même produit d’investissement. Comme avec un Livret A, ce type de placement assure la stabilité de votre capital investi si vous choisissez une formule prudente. Autrement, un contrat structuré vous permet aussi de viser un rendement intéressant à une échéance déterminée avec un profil plus agressif. Dans ce cas, le risque de perte est plus important.

Vous pouvez y trouver des obligations, des actifs sous-jacents et des produits dérivés. Proposés sous forme de parts, ces fonds alternatifs sont généralement intégrés au sein d’une assurance vie, un plan d’épargne en actions (PEA), ou retraite (PER) et même d’un compte titre. 

Il est possible de garantir totalement ou partiellement son capital avec des produits structurés via des fonds à capital garanti ou des fonds à capital protégé. Notez qu’avant la souscription, le gestionnaire vous fournit un document d’information clé pour les investisseurs (DICI) vous aidant à bien comprendre le produit et à évaluer ses risques.

La durée maximale d’investissement, fixée lors de la souscription du contrat, est comprise entre 8 à 10 ans. 

Une fiscalité adaptée à l’enveloppe fiscale et au type de revenus

Pour connaître la fiscalité appliquée sur les fonds structurés, vous devez vous fier à l’enveloppe qui l’héberge. Par exemple, dans le cas de retrait de fonds, la fiscalité peut être plus favorable sur un PEA après 5 ans de détention ou sur une assurance vie à partir de 8 ans.

Les gains relèvent des revenus mobiliers dans le cas de coupons d’actions ou d’obligations. Dans ce cas, la flat tax de 30 % s’applique, c’est-à-dire la PFU. 

Autrement, lors d’une revente, les profits sont taxés selon le régime d’imposition des plus-values mobilières en cas de cession.

Des résultats variables selon les rendements cibles

Les performances des produits structurés dépendent du ratio rendement/risque qui correspond le mieux à votre profil. Si vous envisagez de sécuriser la totalité de votre capital, les résultats seront faibles. Vous pouvez aussi dynamiser votre placement avec un rendement cappé couplé d’une garantie partielle de capital. Avec une composition de portefeuille plus agressive, vous pouvez jouer sur l’effet de levier, ce qui suppose des risques de perte importants.

Côté frais, tout dépend sous quelle forme vous investissez. Les produits structurés peuvent être logés au sein de supports à la tarification variée (assurance vie, PER, PEA, etc.). Des frais de gestion sont donc à intégrer dans le calcul de la rentabilité de votre projet.

 

Le livret A reste un produit d’épargne intéressant pour conserver des liquidités, mais qu’il vaut mieux compléter avec d’autres formules d’investissement. Les placements alternatifs vous aident à développer votre patrimoine selon des objectifs de résultats bien définis.

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